Les terres agricoles d'Ardèche Verte : une richesse à préserver et valoriser !
Nourriture 2050, la FAO fait des projections étonnantes
Selon les dernières projections des Nations Unies, la population mondiale devrait passer de 6,8 milliards aujourd’hui à 9,1 milliards en 2050. L’essentiel de cette croissance démographique se fera dans les pays en développement, et plus particulièrement en Afrique subsaharienne avec une croissance de 108 %, représentant 910 millions de personnes supplémentaires. A cet horizon, 70 % de la population vivra dans les villes ou les régions urbaines, soit une augmentation de 49 % par rapport à aujourd’hui. Ces 2,3 milliards d’individus additionnels représentent autant de bouches supplémentaires à nourrir, auxquels il convient d’ajouter le milliard qui ne mange toujours pas à sa faim en 2009. En conséquence, selon la FAO, la production alimentaire devra augmenter de 70 % d’ici 2050. Pour y parvenir, l’organisme onusien compte sur un accroissement des rendements et des surfaces cultivées (un supplément de 120 millions d’hectares). Si quelque 370 millions de personnes devraient continuer à souffrir de la faim en 2050, ce qui représente déjà une perspective exceptionnelle dans le sens où la courbe de la faim est repartie à la hausse et que la pression sur la ressource se fera de plus en plus grande, Hafez Ghanem (1) considère néanmoins que "La FAO fait preuve d’un optimisme prudent en ce qui a trait au potentiel du monde à se nourrir d’ici à 2050"… Un optimisme prudent qui, néanmoins, interloque quelque peu. Alors que près d'une personne sur six ne mange pas à sa faim, la surface cultivée actuelle, hors pâturage, est équivalente à 1 500 millions d’hectares (source FAO). Aussi la prévision de mettre en culture quelque 120 millions d’hectares supplémentaires pour répondre à la poussée démographique apparaît pour le moins complètement dérisoire. Certes, la FAO fait remarquer que la progression des rendements apportera également sa contribution, mais c’est nier la stagnation des rendements constatée sur de nombreuses surfaces, les 5 à 7 millions d’hectares de terre arable perdus chaque année, l’énorme pression (2) que fait peser l’élevage sur la production agricole (37 % des céréales mondiales sont destinées à l’alimentation des animaux d’élevage, 70 % des terres agricoles lui sont dédiées, etc.). De même, avec ces chiffres, la FAO ne tient nullement compte du détournement des surfaces agricoles pour la production d’agro-carburants et du durcissement des conditions de cultures avec le changement climatique. Aujourd’hui, sans changement drastique de nos habitudes alimentaires (chute de la consommation de viande et du gaspillage), à rendement global identique et sans intégrer la poussée des terres consacrées aux agro-carburants, ce n’est ainsi pas 120 millions d’hectares qu’il faut, mais 750 millions pour nourrir les 9,1 milliards d’individus de 2050.
Pascal Farcy
http://www.univers-nature.com/inf/inf_actualite1.cgi?id=3916


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